Indépendante ou salariée déguisée : le risque de requalification
Un prestataire indépendant choisit ses horaires et ses méthodes, travaille avec ses propres outils et peut avoir plusieurs clients. Si vous fixez ses horaires, contrôlez son travail au quotidien, exigez l'exclusivité ou lui imposez votre matériel et votre présence sur place, la relation peut ressembler à un emploi, avec un risque de requalification. Pour éviter cette situation, définissez des missions, des livrables et des délais plutôt que des horaires, et consultez un juriste ou votre expert-comptable avant de mettre en place une collaboration régulière. Voir aussi embauche aidée ou freelance : que choisir ?
Bien payer et bien suivre
- Comparer chaque facture au devis : missions, volume, prix unitaire.
- Demander un relevé du temps passé si la prestation est facturée à l'heure.
- Payer par virement dans le délai indiqué, avec le numéro de facture en référence.
- Vérifier tout changement de coordonnées bancaires par un second canal, par exemple un appel, avant de payer.
- Archiver devis, contrat et factures dans un dossier partagé, selon vos obligations de conservation.
Exemple théorique : une facture à faire corriger
Exemple théorique, entièrement fictif, sans aucun montant. Un cabinet reçoit une première facture qui indique seulement « prestation de secrétariat » et un total. Il demande une version détaillée : période, désignation de chaque mission, quantités, prix unitaire hors taxes, mention de TVA ou de franchise, conditions de règlement. La seconde facture peut alors être rapprochée du devis et du relevé de temps, et classée dans le dossier comptable sans question de l'expert-comptable.
Outil réutilisable : la grille de contrôle d'une facture
- Identité : nom, SIRET et adresse de la prestataire conformes au devis.
- Période et missions : elles correspondent à ce qui a été réalisé.
- Quantités et prix unitaire : conformes au devis ou à l'avenant.
- TVA : appliquée ou mention de franchise, cohérente avec le devis.
- Règlement : date d'échéance, coordonnées bancaires identiques aux précédentes.
- Numérotation : numéro unique et séquence cohérente.
Checklist avant de démarrer
- Le numéro SIRET est vérifié.
- Un devis et un contrat de prestation sont signés.
- Les missions, délais et livrables sont décrits sans imposer d'horaires.
- Les conditions de facturation, de règlement et de TVA sont claires.
- Les accès donnés sont limités au nécessaire.
- Le cas d'une prestataire établie hors de France a été vu avec l'expert-comptable.
Les erreurs à éviter
- Accepter une facture sans SIRET ni mention de TVA.
- Imposer des horaires et un contrôle permanent à une prestataire indépendante.
- Travailler sans devis ni contrat.
- Payer sur de nouvelles coordonnées bancaires sans vérification.
- Confondre micro-entreprise, salariat et portage.
- Oublier de conserver les factures et le contrat.
Données personnelles et confidentialité
Une secrétaire accède à des données de clients, de fournisseurs et parfois de salariés. Prévoyez une clause de confidentialité, des accès limités et un retrait des droits à la fin de la mission. Si la prestataire est située hors de l'Union européenne, comme Letitia à Madagascar, demandez conseil à la CNIL ou à un juriste sur les garanties à prévoir.