Le registre des mandats est le document obligatoire sur lequel un professionnel de l’immobilier inscrit, par ordre chronologique et avant leur signature, tous les mandats qu’il reçoit, avec un numéro d’inscription reporté sur l’exemplaire remis au client. Il se tient sur papier relié et coté ou sous forme électronique sécurisée, et se conserve dix ans.
Simple en apparence, le registre est une source fréquente d’erreurs, et un mandat mal inscrit peut coûter des honoraires. Ce guide explique ce que la réglementation impose, comment le remplir, comment passer au registre dématérialisé et comment organiser sa tenue au quotidien, par exemple avec l’aide d’une assistante immobilier qui prépare les mandats pour vous.
À quoi sert le registre des mandats ?
Le registre découle de la loi Hoguet et de son décret d’application du 20 juillet 1972, présentés dans notre synthèse sur la loi Hoguet et les obligations des agences. Il garantit la traçabilité des mandats : chaque engagement pris par un client est daté et numéroté, ce qui empêche l’antidatage et permet de vérifier, en cas de litige ou de contrôle, que le professionnel disposait bien d’un mandat au moment où il a agi.
Tous les mandats sont concernés : vente, recherche, location, gestion. Une agence qui exerce plusieurs activités tient des registres distincts, en général un pour la transaction et un pour la gestion. Il ne faut pas le confondre avec le registre-répertoire, qui concerne les fonds reçus pour le compte des clients.
Les mentions à inscrire
Le modèle de registre est fixé par arrêté du 15 septembre 1972. Si vous achetez un registre papier, vérifiez qu’il y est conforme ; si vous passez par un logiciel, demandez à l’éditeur comment ses champs correspondent au modèle réglementaire. Pour chaque mandat, on retrouve notamment :
- le numéro d’inscription, attribué dans l’ordre chronologique, sans saut ;
- la date du mandat ;
- les nom et adresse du ou des mandants ;
- la nature du mandat (vente, recherche, location, gestion) et la désignation du bien ou de l’opération ;
- les suites données : vente conclue, mandat résilié ou expiré, avenant.
Le numéro doit figurer sur l’exemplaire du mandat qui reste entre les mains du client. C’est le point le plus souvent contrôlé : un mandat dont l’exemplaire client ne porte pas son numéro d’inscription peut être jugé irrégulier et priver l’agence de sa rémunération.
- Réserver le numéro avant la signature. Le numéro est tiré du registre au moment de préparer le mandat, puis reporté sur tous les exemplaires.
- Vérifier les informations : identité et qualité de chaque mandant (tous les propriétaires, ou leur représentant), adresse exacte et désignation du bien.
- Inscrire sans blanc ni rature sur un registre papier. En cas d’erreur, on ne rature pas : on annule la ligne selon la procédure prévue et on passe au numéro suivant.
- Mettre à jour les suites du mandat à chaque événement : avenant de prix, résiliation, vente.
- Archiver l’exemplaire signé avec son numéro, dans un dossier nommé de façon homogène.