La loi Hoguet (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970) et son décret d’application du 20 juillet 1972 encadrent l’exercice des professionnels de l’immobilier qui interviennent sur les biens d’autrui : agents immobiliers, administrateurs de biens, syndics, marchands de listes. Elle impose une carte professionnelle, un mandat écrit préalable inscrit sur un registre, une assurance de responsabilité civile professionnelle, une garantie financière en cas de maniement de fonds, une formation continue et une grande transparence sur les honoraires.
Pour une agence, ces obligations se traduisent par un volume administratif bien réel : renouvellements, attestations, registres, mentions obligatoires, archivage. Ce guide les passe en revue de façon pratique, en distinguant ce qui relève de la responsabilité du titulaire de la carte et ce qu’une assistante immobilier peut préparer et suivre pour lui. Il ne remplace pas l’avis d’un juriste ou de votre fédération professionnelle.
Qui est concerné par la loi Hoguet ?
La loi s’applique aux personnes physiques ou morales qui, de manière habituelle, se livrent ou prêtent leur concours à des opérations portant sur les biens d’autrui : achat, vente, recherche, échange, location ou sous-location de biens immobiliers, vente de fonds de commerce, gestion immobilière, syndic de copropriété, vente de listes ou de fichiers. Sont donc concernés les agences de transaction, les gestionnaires locatifs, les syndics, mais aussi leurs collaborateurs, salariés ou agents commerciaux, qui négocient pour leur compte.
Les principales obligations, une par une
1. La carte professionnelle
Pour exercer, il faut détenir une carte professionnelle délivrée par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) territoriale ou départementale d’Île-de-France. Elle porte une ou plusieurs mentions selon l’activité : transactions sur immeubles et fonds de commerce, gestion immobilière, syndic de copropriété, notamment. Elle est valable trois ans et son obtention suppose des conditions d’aptitude professionnelle, de moralité, une assurance et, le cas échéant, une garantie financière. Les démarches de demande et de renouvellement sont détaillées dans notre article sur la carte professionnelle d’agent immobilier.
2. L’attestation d’habilitation des collaborateurs
Les salariés et les agents commerciaux qui négocient, s’entremettent ou s’engagent pour le compte du titulaire doivent détenir une attestation d’habilitation délivrée par celui-ci. Les agents commerciaux doivent en outre être immatriculés au registre spécial des agents commerciaux. Le personnel administratif qui ne négocie pas, comme une assistante, n’est pas concerné.
3. L’assurance et la garantie financière
Le titulaire de la carte doit souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle. S’il reçoit ou détient des fonds pour le compte de ses clients (dépôts de garantie, loyers, séquestres), il doit aussi justifier d’une garantie financière. Une agence de transaction qui ne manie aucun fonds peut exercer sans garantie, à condition de le déclarer et de ne recevoir aucune somme.
4. Le mandat écrit et le registre des mandats
Aucune opération ne peut être conduite sans un mandat écrit préalable, qui précise notamment les conditions de rémunération et la partie qui en a la charge. Chaque mandat reçoit un numéro d’inscription sur le registre des mandats, reporté sur l’exemplaire remis au client. Aucune rémunération ne peut être perçue avant que l’opération soit effectivement conclue. En cas de mandat exclusif, le client doit pouvoir le résilier après trois mois, moyennant un préavis de quinze jours par lettre recommandée. La tenue de ce registre fait l’objet de notre guide pratique sur le registre des mandats.